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Logique comme 1,2,3 que le petit Limsa nous présente son volume 3

Logique comme 1,2,3 que le petit Limsa nous présente son volume 3

A l’occasion de la sortie du dernier volet de sa trilogie « Logique » le 18 février dernier, Limsa nous avait fait l’honneur de sa primeur. Portrait exclusif d’un des lyricistes les plus attendus du rap français, que vous ne lirez nulle part ailleurs !

Que Limsa sorte le volume 3 de Logique sans nous en parler? C’était littéralement impossible. L’un des secrets les mieux garder du rap français (avec Sameer bien sûr) se livre ici sans concession. Retour en lecture et en image sur cette Logique du rap français que Limsa décline en 3 parties.

Un branleur magnifique en exil à Bruxelles

Limsa d’Aulnay vit désormais à Bruxelles. Passé de ASB à BX, comme ça, sans crier gare. Comme un besoin de retrouver un esprit plus village qu’à Paris, où la lutte de tous contre tous ne lui sied pas bien au teint. Comme un besoin de se recentrer, de s’extraire de la folie parisienne, ses injonctions paradoxales et ses entourages toxiques. Seul two Limsa? Parfois, mieux vaut des équipes réduites pour arriver à bon port. 

Sous le soleil de Bruxelles, la vie lui semble donc plus douce. Les BX vibes ont eu raison de lui ainsi que ses acolytes Isha et JeanJass (notamment) qui ne sont pas étrangers non plus à cette décision. C’est vrai qu’il suffisait de regarder sa track list pour saisir qu’il finirait par s’exiler là bas. 

Le rappeur français le plus belge qui soit. Tant dans le décalage, le détachement, que dans cette capacité unique à proposer une lecture analytique l’air de rien, de ne pas y toucher. Bref, à écouter de près, le rap de Limsa, c’est de la logique x3.

Le gars s’est aussi complexifié. Pas qu’il soit devenu compliqué non plus, mais il a pris de la densité, de la profondeur. Le tout sans avoir besoin de passer en mode poids lourds, quitte à littéralement fondre comme neige au soleil. 

Son dernier projet ? Un 6 titres (enfin 5 et un bonus). Conçu comme un triple album, avec le soin et l’exigence qui le caractérisent. Tant et si bien que le bougre se met la pression comme si c’était “thriller de Mickael Jackson”, un vrai truc de woof. 

Pour le finaliser, pas de repos pour le guerrier. Ça bosse “même le weekend” et tant pis si ça prend le pas sur tout le reste, le mec est en mission. 

Quand il y a de la motivation, du sens, c’est un vrai charbonneur même s’il reste convaincu d’être “un très grand branleur.” Une sorte de branleur magnifique alors. Alternant phases de charbonnage aigüe, quitte à frôler le burn out, et détente quasi totale. Un mode de vie en dent de scie, mais qui le ravit.

Chaque titre est travaillé, retravaillé, enregistré, ré enregistré plusieurs fois. Le mec se prend la tête et vise l’excellence, le son qui tue, l’originalité, quitte à prendre des risques. 

Conscient d’être attendu, sa fierté se mue rapidement en pression. Pas question de décevoir. Sans que personne ne lui dise rien, il craint toutefois de faire “trop attendre”. Il se met donc la pression pour finir tant il a “honte de mettre autant de temps à sortir un projet”. 

Une cuisine à sa sauce 

Pourtant, un bon projet, ça prend du temps. Ça a besoin de maturer, de reposer, d’être réservé, bref de mettre les petits plats dans les grands. C’est une recette de grand mère et en la matière, Limsa s’y connaît. 

Puisqu’il “n’a jamais fait les choses par obligation”, ni “sorti un truc, parce qu’il fallait”, c’est une pression personnelle qu’il se met. Pas de maison de disques, de label, ou même des petits à nourrir pour aller au charbon, c’est de lui-même et pour lui-même aussi qu’il le fait.  

En soi, le rap c’est d’abord du plaisir pour celui qui a commencé en même temps que le foot pour rigoler avec les copains. A défaut de pouvoir marquer des buts et claquer des tunes comme un footballeur, il a choisit le rap. 

En gros, si tu lui enlèves le rap, qu’est-ce que tu veux qu’il bricole? Limsa et le rap, c’est jamais 2 sans 3, logique donc. A croire que c’est sa vocation autant que sa raison d’être. Comme le disait KRS one, HipHop is a way of life. 

S’il s’écoutait, il ne ferait de la musique que pour lui, mais le gars est trop généreux pour garder tout ça pour lui. Sa vie entière tourne autour du rap, son terrain de jeu préféré : 

Toute la journée, dès que j’entends un mot, je cherche la rime qui va bien, le bon jeux de mots. J’adore ça, que dieu me pardonne”. Et c’est ce qui retient précisément l’attention. 

Vite, il cherche à se différencier, à apprendre. Avide de technique, mais surtout d’originalité tant dans les flows que dans les prods.

Faire du rap facile, très peu pour lui. S’il n’y a pas de défi, y a pas de plaisir, quitte à ce que ça perturbe un peu. Alors forcément, sortir un projet, ça suppose de se prendre la tête. Il faut trouver ce fameux “équilibre entre plaisir et tracas” que tout artiste digne de ce nom recherche. A croire que la création artistique s’arrime sur une forme de précarité existentielle pour être authentique? 

Un exemple d’humilité et d’authenticité 

Au-delà du recentrage bruxellois, le gars a aussi investi dans un home studio grâce aux pépettes des volets 1 et 2. Très loin des strass et des paillettes, le lascar aime quand ça ne triche pas. Se raconter une vie, très peu pour lui. 

Son kiffe ? Les écoutes studios “parce que là, les gens ne peuvent pas tricher. Même ceux qui essaient de feindre l’émotion en te disant lourd, tu vois bien au langage corporelle, à l’expression du visage, tout ça, si c’est fake ou non”. 

C’est toujours la réaction du public qu’il vise. Positive ou non, mais que ce ne soit jamais “un non événement” de présenter un son. Et pour faire réagir, il fait mouche. Le succès est arrivé d’un coup, presque par surprise. Il a d’abord pris son temps le petit Limsa. Il a démarré “petit”. 

Lorsqu’il sort Logique 1, c’est plus par humilité que par manque de tracks. A la base, le projet fait 10 titres. Tout est ficelé. Sauf que le gars ne souhaite pas balancer un projet et advienne que pourra. La politique de la terre brûlée, pas cette fois. Bien entouré et conseillé, il décide de couper le projet en deux

Souviens toi, quand je sors logique le 4 juillet 2020, la partie 2 est déjà quasi finie et prête. Comme j’étais relativement méconnu, je ne voulais pas jeter ce beau projet par la fenêtre. J’ai décidé de proposer deux EP. Sauf que je ne souhaitais pas que ça fasse deux projets jumeaux mais isolés. Donc j’ai retravaillé, réécris des trucs, rajouté des morceaux, etc. 

(…)

Par exemple, j’ai rajouté Attiré par la night dans le 1 car je trouvais que ça manquait d’un morceau de gogol. Pour le 2, j’en ai aussi rajouté un pour l’équilibre, mais j’avais déjà tout les morceaux. C’est starting block que j’ai rajouté au 2 alors qu’il était un des plus vieux. A part 4 décembre qui est sur le 1, c’est un des plus vieux titres, ça va tu suis?

Logique comme 1,2,3 

Logique que pour le volet 3, l’histoire entre Limsa et le rap se répète encore et encore. Quand le 2 sort, le 3 est prêt. Mais si vous connaissez le bougre, vous savez aussi qu’il n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. En janvier 2021, alors qu’il est invité à chambre noire de Nova, à peine un mois après la sortie de Logique part.2, il a déjà “les 5 sons du 3”. Impossible d’en dévoiler un avant la sortie de l’album, il fera alors un freestyle inédit pour la radio.

C’était sans compter le temps qui passe, les sons qui le “dégoûtent au bout dun mois”, qui ne lui ressemblent plus. Bref il a refait Logique 3 “au moins trois fois déjà”. La preuve par 3 disait le Saïan. Une troisième partie en 6 titres qui comme les précédentes ouvrent les yeux les esprits l’air de rien, presque naïvement. 

Comme à son habitude, il nous embarque donc dans son monde. Un univers où tout est matière à questionner, à s’étonner, à s’éveiller. En peu de mots, sans chercher à “faire le philosophe”, c’est de la matière à dire et à réfléchir qu’il propose à chaque fois et aussi dans cette partie trois. 

A cheval entre rap conscient et rap divertissement, un pied à Aulnay, un autre à BX, un tantinet philosophe mais toujours rappeur dans sa capacité à dire simplement des évidences complexes, Limsa est bien la démonstration que le rap peut raconter plein de choses sans faire de prêche. Limsa c’est la preuve que l’humour peut être signifiant, intelligent. Limsa c’est l’incarnation d’un rap qui s’extrait de toutes les étiquettes, un vrai gars HipHop quoi. 

C’était logique comme 1, 2, 3 qu’on vous parle sur HIYA de cette sortie rap qu’est Limsa ! Les trois volets sont donc à retrouver sur toutes les plateformes.

Crédit Photo @cyadmov Daycem-Bboycyad

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