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George Floyd, deux ans après

George Floyd, deux ans après

George Floyd, c’est l’un des noms d’une longue liste noire, sinistrement chargée. Son identité est devenue un symbole international de la lutte contre les violences policières et les inégalités raciales. Son cri du cœur, “I can’t breathe”, résonne comme un hymne à la révolte. Mais deux ans après, le dossier des violences policières aux États-Unis ne semble pas se refermer. Au mieux, la contestation s’accroît, au pire, les victimes se succèdent. 

Menotté et plaqué au sol pendant 8 minutes et 46 secondes par le poids de trois policiers, étouffé par l’un d’entre eux, George Floyd, un père de famille de 46 ans, est tué le 25 mai 2020. Les images de cette arrestation, plus que musclée, font le tour du monde, provoquant un choc moral et une prise de conscience générale sur le traitement des Afro-Américains aux États Unis, puis de la communauté noire dans le monde entier. 

©stepheneabbott

Martyr érigé en héros

S’en sont suivies donc des vagues d’indignation et une solidarité planétaire sans précédent en faveur du mouvement Black Lives Matter, crée aux États Unis en 2013 après l’assassinat de Trayvon Martin. Un adolescent noir de 17 ans tué à coup de balles par George Zimmerman, un policier latino-américain. Dans le sillage de la mort de George Floyd, la colère de centaines de milliers de manifestants à travers le monde s’est cristallisée dans la lutte contres les inégalités raciales. Son nom est scandé. Son visage est arboré. Et ses derniers mots “I can’t breathe”, sont devenus un slogan. 

Les soutiens se multiplient et des rues sont rebaptisées. Comme le Black Lives Matter Plaza à Washington ou encore la place George Floyd à Minneapolis, sa ville de décès. Face aux images glaçantes de l’arrestation de Floyd, le bouleversement est explosif et l’ébranlement est mondial. Deux ans après, et malgré la condamnation du policier assassin, Derek Chauvin, le dossier des violences policières ne semble pas se refermer. Aux États-Unis, comme dans le reste du monde. Au mieux, la contestation s’accroît, au pire, les victimes se succèdent. 

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Un deuil impossible

Le procès historique du policier assassin  Derek Chauvin, s’est tenu onze mois après le drame. Il a été reconnu coupable de meurtre, d’homicide involontaire et de violences volontaires ayant entrainé la mort. Ce jugement, rare, plus ou moins juste, n’a pas su calmer l’élan contestataire. Il n’a pas non plus su refroidir les violences policières dans ce pays rongé par la « question raciale ». L’Histoire des États-Unis est nourrie d’un lourd héritage afro-américain. Ce sont 85 ans de ségrégation raciale et dix ans pour l’abolir. 

Chaque année, la police américaine tue plus de 1 000 personnes. Soit plus de trois par jour. Ainsi, c’est sur ce constat que naissent de nouvelles revendications. « Defund the police” (“coupez le budget de la police”), un slogan qui encourage le transfert de fonds dédiés à la police vers d’autres causes sociales. Ou encore, “Stop 1033”, un programme qui permet la vente de surplus de matériel militaire aux forces de l’ordre, déjà suréquipées. Ces transferts d’équipements militaires vers la police se sont accélérés sous la présidence de Joe Biden. L’organisation Black Lives Matter a donc lancé un appel au gouvernement américain pour demander la démilitarisation de la police et la fin du programme 1033.

À la suite de la mort de Floyd, le conseil municipal de Minneapolis avait promis de dissoudre sa police. Un projet de démantèlement qui n’a jamais abouti. Pourtant, le verdict de culpabilité dans le meurtre de George Floyd a attisé un nouvel élan pour imposer une réforme de la police. Le ministère de la Justice a, par la suite, ouvert une enquête sur les pratiques policières de Minneapolis.

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Une réforme de la police s’impose

1 an et demi après le drame, le 2 novembre dernier, les habitants de la métropole de l’État de Minnesota votent contre l’assouplissement de la police. Le projet prévoyait de renforcer la prévention au détriment de la sécurisation. 56% d’électeurs ont voté contre cette initiative de refonte radicale de la police. Alors que plus tôt, les militants appelaient au démantèlement de la police, la jugeant “structurellement raciste”.

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Ce 25 mai, pour le deuxième anniversaire de la mort de « Big Floyd« , le gouvernement de Biden signe un décret visant à réformer la police. Symbolique ou réformateur, le texte promet notamment la création d’un registre national des agents fédéraux et locaux pour recenser tous les signalements, les procédures disciplinaires et les plaintes concernant les forces de l’ordre. 

Le décret qualifié “d’historique” par la Maison Blanche, ordonne aussi à toutes les agences fédérales de réviser leurs politiques de recours à la force, de restreindre l’utilisation d’équipements militaires et de généraliser l’utilisation de caméras corporelles lors des fouilles ou des arrestations. 

©yas_caricature

Macabre répétition

Triste constat, autant désolant que révoltant, les cas de violences policières envers la population afro-américaines ne cessent de se multiplier. L’affaire George Floyd se range parmi de multiples épisodes de violences policières et d’inégalités raciales aux États-Unis et au-delà. Les larmes n’ont pas le temps de sécher que le monde pleure déjà une nouvelle victime.

Selon Mapping violence Police, les forces de l’ordre américaines auraient tués 1144 personnes en 2021, dont 264 sont Afro-américaines. L’organisation recense seulement 15 jours dans l’année, où les policiers n’ont pas sali leur main de sang. En ce début d’année 2022, le constat n’est guère plus reluisant. La police américaine a déjà tué plus de 200 habitants. Ainsi, le rythme moyen de trois morts quotidiennes se poursuit. Macabre répétition. Le sursaut moral n’aura pas été si percutant.

©Kadirnelson

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