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MACRON ou MÉLENCHON ?

MACRON ou MÉLENCHON ?

La presse se déchaine : Les Echos (Bernard Arnaud), Le point (François Pinault) Le Figaro (Famille Dassault) Prisma Media (Vincent Bolloré) L’Express (Patrick Drahi) ont lancé une offensive pour déstabiliser L’alliance des gauches en discréditant le programme économique de Jean-Luc Mélenchon. Des attaques sur la faisabilité du programme qui mobilisent l’ensemble des médias avec l’idée qu’il relève d’un doux rêve. Pourquoi et comment un tel manque de diversité dans les discours est-il possible ?

Qui est ce Mélenchon, un aventurier ? Un nouveau Chavez ? Un illusionniste incompétent qui va ruiner la France ? Les offensives des économistes orthodoxes et de commentateurs sur les plateaux de télévisions ont pour objectif de rendre illusoire l’intégralité du programme et d’étouffer les mesures importantes comme l’éradication de la pauvreté et la réindustrialisation. Ils professent que la dette serait telle que la France perdrait l’accès aux marchés avec une banqueroute inévitable. Le procès est bien connu, il tente de graver dans le marbre que rien n’est faisable en dehors de l’ordre existant.

De l’intérêt de verrouiller la presse

Pourquoi les voix dissonantes sont pratiquement absentes du paysage ? Il existe deux raisons à cette absence de diversité dans les discours. La première est que près de 90% des groupes de médias sont détenus par les détenteurs du capital. Ces hommes de pouvoir ont compris l’intérêt de verrouiller la presse pour préserver leurs intérêts et diffuser l’idée de notre dépendance au système néolibéral, qu’aucune alternative n’est possible.

A travers leurs acquisitions massives, ils sont en capacité de contrôler les lignes éditoriales et censurer sans état d’âme les opinions adverses. Ils contribuent ainsi à diffuser une information dénuée d’esprit critique et de mise en perspective. Les débats sur les politiques publiques qui structuraient la compétition électorale sont étouffés. L’intérêt public est bafoué au profit des intérêts particuliers. Les Bolloré, Drahi, Arnaud, Dassault, Lagardère, Bouygues ou encore le trio Bergé-Neil-Pigasse remettent en cause l’idée même de démocratie. Ils contribuent à trahir cette vision de l’information que défendait le Conseil national de la Résistance qui déclarait « la presse n’est pas un instrument d’objet commercial mais un instrument de culture »

C’est dans l’économie qu’il faut chercher les causes du désenchantement

La deuxième raison à cette absence de débat de fond est le manque culture économique des citoyens, sinon leur dédain pour la « chose » économique. Jamais nous n’associons le terme de république à celui d’économie comme si cette notion nous échappait au plus grand bénéfice du pouvoir qui ne rencontre que peu d’obstacles pour diffuser son idéologie. C’est pourtant là qu’il faut chercher les causes du désenchantement. Et c’est là que le programme de M. Mélenchon s’affirme comme une véritable alternative crédible au discours dominant.

Échapper à la logique purement marchande

Contrairement à ce que tente de nous faire croire les médias mainstream, ce programme ne relève en aucun cas du laxisme ou de l’inconséquence mais d’un véritable choix politique. C’est le résultat d’une histoire, d’une longue réflexion et surtout du constat d’échec du projet libéral. Quelle est la différence fondamentale entre une économie de droite ou de gauche. La première considère que le rôle du politique est de gérer les forces du marché qui serait de nature transcendental, comme une main invisible qui ne pourrait être modifiée. La seconde défend que l’ordre social est une construction humaine sur lequel les organisations politiques ont le devoir de peser pour assurer la démocratie et construire une société humaine qui échappe à une logique purement marchande.

Politique d’offre ou politique de relance ?

Pour faire simple et même basique, le système libéral soutient et investit dans le capital en espérant une hausse des investissements et de la productivité. C’est une économie de l’offre qui donne aux entreprises et aux détenteurs de capitaux le plein pouvoir de définir notre mode de développement. Le résultat est une catastrophe écologique. Le système proposé par la Nupes que l’on peut qualifier de néokeynésien vise à augmenter les salaires, les prestations sociales, les indices des fonctionnaires, les investissements de l’état pour augmenter le pouvoir d’achat et ainsi créer de la richesse. Ce qui est une politique de relance.

L’échec des politiques de l’offre est aujourd’hui patent sur l’ensemble de la planète. La Nupes a pris acte de cet échec et propose une autre approche qui recèle de multiples inconnues et contradictions mais qui a le mérite de briser une logique dont nous savons tous qu’elle nous conduit à l’échec. Face au parti du président qui semble avoir renoncé à donner du sens à sa campagne, la gauche recomposée nous offre un véritable récit alternatif. Préserver le pouvoir d’achat, garantir l’accès à des soins et à un système éducatif de qualité, investir massivement dans la transition écologique ou garder la boussole du progrès social avec la retraite à 60 ans.

Un vrai choix politique

Les deux options sont sur la table pour cette élection. La logique néolibérale défendue par M. Macron et la sociale démocratie historique défendue par M. Mélenchon et l’alliance des gauches. C’est un choix politique qui s’impose avec d’un côté un système qui a échoué et de l’autre un système qui ambitionne de s’attaquer aux graves enjeux de notre époque sachant qu’il sera attaqué de front par la communauté européenne et qu’il est impossible d’en mesurer totalement les effets sur l’avenir. Spécifiquement dans un contexte international profondément ancré dans le néolibéralisme. Il n’est pas question de signer un chèque en blanc en se rappelant les échecs passés de la gauche qui ont provoqués la désillusion des électeurs. Il s’agit de rester vigilants et de rester présent dans le système de transformation.

Dans quel monde voulons-nous vivre ?

Il est urgent de redécouvrir les vertus économiques de l’ambition collective et de la solidarité. Alors aux urnes dimanches pour voter en notre âme et conscience ! Au-delà de la redoutable machine néolibérale qui détourne les médias de leur rôle premier et tentent de nous décérébrer, il est essentiel de comprendre les véritables logiques politiques et les dangers pour la démocratie qui se cachent derrière chaque candidat. Ce sont clairement deux modèles de société qui s’opposent. Dans quel monde voulons-nous vivre ?

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