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La Macronie Mise à NU(p)ES! Ensemble dans le Maccarthysme 

La Macronie Mise à NU(p)ES! Ensemble dans le Maccarthysme 

Le premier tour des législatives laisse beaucoup d’incertitudes électorales. En revanche, la campagne a laissé au clair une chose: la macronie est prête au maccarthysme le plus caricatural si elle se sent menacée. Sur ce point, elle se confond tout à fait avec l’extrême-droite.

Le chantage permanent à l’extrême-droite sans jamais y être soumis

Durant la campagne des présidentielles, tous les candidats étaient soumis à une question rituelle: qui appelleraient-ils à voter au second tour ? Tous, sauf Macron. Lui a refusé de participer à un débat pluraliste pour le premier. Et, lors de ses rares interviews, aucun journaliste n’a osé lui demandé que faire en cas d’un second tour entre Le Pen et Mélenchon. La macronie a ainsi sans cesse exercer le chantage à l’extrême-droite. Sans jamais y être soumis.

Les résultats de la gauche aux législatives obligent la macronie à sortir du bois. Sommés de se prononcer sur leur préférence entre l’extrême-droite et la gauche, les macronistes reprennent en cœur les éléments de langage de l’Ex-FN. C’est comme ça que, du jour en lendemain, nos castors d’hier sont désormais des anarchistes, anti-républicains et communautaristes.

Faire barrage contre les castors

Le barrage à l’extrême-droite était une effroyable ZAD. Et on ne s’en était même pas rendu compte! Ces fichus castors étaient tous des anarko-islamo-gauchistes. Ils cachaient bien leur jeu en allant, par millions, voter Macron. Ces fourbes castors étaient alors bien peignés et raisonnables. Mais la Macronie y voit désormais clair et elle appelle maintenant à faire barrage contre… les castors hirsutes et extrémistes, alliés de Poutine et des imams-poseurs-de-bombe.

A droite, castor s’apprêtant à voter Macron au second tour. A gauche, castor votant la NUPES

La Macronie Mise à NU(p)ES

Toute honte bue, Macron, qui faisait la danse du ventre vers la gauche, a lancé ses troupes contre cette même gauche avec un langage directement issu de l’extrême-droite. Ainsi, la coqueluche du président, Amélie de Montchalin, explique que la NUPES est un repère d’anarchistes soumis à la Russie et aux « idées antisémites ». Sachant que son adversaire (dans l’Essonne), Jérôme Gudedj, est un élu du Parti Socialiste, par ailleurs de confession juive…

Pour la ministre de la « Transition écologique » la gauche commence très à droite. Pas étonnant car la jeune Enmarcheuse a un profil de « républicaine modérée » ou, plutôt, modérément républicaine. Très libérale en économie, elle a fait HEC. Où elle a rencontré son mari, Guillaume de Lombard de Montchalin, issu de la vielle noblesse et consultant chez Boston Consulting jusqu’en 2020. Les conflits d’intérêt ça n’existe pas en Macronie, car la Macronie est un conflit d’intérêts.

Armorie de la famille de Lombard de Montchalin, un brin monarchiste

Quoiqu’il en soit, on tremble à l’idée que madame de Montchalin perde sa circonscription et, du même coup, son poste de ministre. On l’imagine déjà sans emploi et à la rue, avec sa famille nombreuse. Il parait que même la modeste demeure des Montchalin a été vendue, à un roturier en plus. Une horreur.

Château des Lombard de Montchalin

La majorité relative pour la macronie = LR aux commandes

L’absence de majorité absolue pour le parti présidentiel à l’Assemblée impliquerait un changement assez important des institutions. En effet, les députés ne faisaient qu’enregistrer les désirs de l’Élysée (de manière caricatural durant le premier quinquennat de Macron). Mais si celui-ci n’a qu’une majorité relative, alors l’Assemblée aura automatiquement bien plus de pouvoir.

Paradoxalement, ce serait la droite « classique » (que l’on a bien du mal à distinguer de l’extrême-droite depuis au moins les présidentielles), qui sortirait très avantagée. LR posséderait en effet le contingent de députés dont aurait besoin la macronie pour passer ses lois. Il est donc à prévoir que celle-ci gouvernera très très à droite, afin de satisfaire LR. Autrement dit, soit la NUPES parvient (contre toute attente) à une majorité absolue, soit c’est une droite très dure qui s’annonce. En clair, il y a fort à parier que ce soit Eric Ciotti qui aiguillonnera l’Assemblée.

Avec une majorité relative, la macronie, qui fait une campagne mensongère digne de l’extrême-droite, s’alignerait sur la droite, elle-même dérivant sur l’extrême-droite. La boucle est bouclée.

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