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La police, un foyer d’antivaxs radicaux ?

La police, un foyer d’antivaxs radicaux ?

Mais, au fait, pourquoi la police est-elle exempte de l’obligation vaccinale ? Au-delà, des (légitimes) plaisanteries qu’un tel privilège puisse susciter, la question reste entière. Comment se fait-il que personnels soignants et pompiers, entre autres, soient obligés de se vacciner pour continuer à exercer leurs métiers, mais pas les policiers ? Tous sont pourtant également en contact quotidien avec le public et sont, strictement, des “services publics”.

Comment le gouvernement a t-il pu inventer une situation juridique où des personnes qui n’offrent aucune garantie sanitaire (ni passe, ni vaccin) se retrouvent à contrôler le reste de la population obligée d’avoir ce fameux passe ? Concrètement, le policier exige du citoyen assis sur une terrasse un permis que lui-même n’est pas tenu d’avoir.

Cette situation pour le moins baroque peut certes s’expliquer par un gouvernement totalement aux mains de la police qui laisse à penser que le ministère de l’Intérieur est le siège des syndicats policiers. Dans cette perspective, l’exemption vaccinale dont bénéfice la seule police peut être comprise dans la série des passe-droits octroyés à ses agents (depuis la volonté d’interdire de les filmer jusqu’aux multiples primes qu’ils reçoivent, en passant par l’impunité presque totale dont ils jouissent à travers leur “lessiveuse” – appelée l’IGPN, pour Inspection Générale de la Police, qui lave plus blanc que blanc la quasi totalité des crimes et délits des policiers-). En clair, ce serait l’amour de la police qui expliquerait qu’ils soient exemptés de l’obligation vaccinale à laquelle sont soumis d’autres services publics.

Mais cette explication ne permet pas de comprendre pourquoi les policiers ne veulent pas se faire vacciner. Ou, pour mieux dire, pourquoi le gouvernement a jugé bon d’éviter de les obliger ? Au risque évident de susciter, dans le reste de la population, encore plus de méfiance envers les vaccins disponibles et défiance envers le passe-sanitaire.

Devant l’absurde, nous en sommes en réduit aux hypothèses. Procédons par recoupements.

Nous savons qu’au moins la moitié des policiers français sont d’extrême-droite, pour ne rien dire des courants d’ultra-droite surreprésentés dans les forces de l’Ordre. Or, si les anti-passes sanitaires sont de toutes tendances politiques, les antivax sont majoritairement d’extrême-droite. Ici, il convient de bien distinguer les uns et les autres : être anti passe-sanitaire par principe est une position on ne peut plus républicaine, il s’agit d’un refus de distinguer les citoyens devant la loi pour leurs croyances (pour ou contre les vaccins actuellement disponibles). Être anti-vax par principe renvoie à tout autre chose : il s’agit soit d’une méfiance envers des vaccins fait-à-la-vite (et, éventuellement, une foi en des médecines alternatives), soit d’un rejet de la science parfois fondé sur des scénarios complètement paranoïaques. Parmi ces derniers, se trouve toute la sphère extrême-droitière qui recoupe en partie celle de la majorité des policiers. Ainsi, par recoupements, nous pouvons déduire qu’une bonne partie des policiers sont des antivax par principe.

Il est probable que le gouvernement avait conscience de que l’un des foyers de contestation à sa politique vaccinale se trouve, précisément, dans ses forces de l’Ordre. Et s’il n’en avait pas conscience, un syndicat (d’extrême-droite) policier le lui aura rappelé. Ainsi, il a compris que s’il incluait les agents à son obligation vaccinale, une grande partie d’entre eux auraient réagi en refusant d’appliquer la directive ou en organisant une nouvelle manif policière. Et son projet tombait de lui-même, dans le ridicule.

Quoiqu’il en soit, si notre hypothèse est exacte, la police est traversée par une frange de la population très particulière qui est à la fois antivaxs et pro-passe-sanitaire. En effet, les policiers ne peuvent être qu’en faveur d’une mesure qui leur offre un pouvoir exorbitant sur les personnes (le passe-sanitaire qu’ils ont la charge de contrôler). Et, dans le même temps, l’un des foyers des ultras antivax se trouve dans leur sein.

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Sur les “explications” (ou balbutiements) officielles de l’exemption octroyée aux forces de l’Ordre:

https://www.liberation.fr/checknews/les-policiers-non-vaccines-pourront-ils-controler-les-pass-sanitaires-20210720_GPDX56I7DZBO7LJZNHXBUN6TFI/

Pour se faire une idée précise sur le rôle de l’IGPN, lire l’enquête très fouillée (portant sur 65 dossiers) des journalistes David Dufresne et Pascale Pascariello pour Médiapart, intitulée “IGPN: plongée dans la fabrique de l’impunité”

https://www.mediapart.fr/journal/france/120620/igpn-plongee-dans-la-fabrique-de-l-impunite?onglet=full

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