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Flashback – Ce que Matt Reeves disait de Batman en 2017

Flashback – Ce que Matt Reeves disait de Batman en 2017

Puisque le Batman de Matt Reeves est sorti le 2 mars dernier, il fallait effectuer un flashback sur ce qu’il en disait en 2017. Une rencontre comme plus personne n’en fait qui vaut son pesant d’or. A lire et à colorier pour ceux qui savent lire entre les lignes.

Il y a cinq ans, pour les aficionados, Matt Reeves était vaguement vu comme « le mec de Cloverfield qui a fait le remake de la Planète des singes » il n’arborait pas encore sa moustache à la commissaire Gordon, etc.

En pleine interview promo pour le 3e et dernier volet de la franchise (Planète des singes – Suprématie) dans les locaux de la Fox à Los Angeles, il s’est passé quelque chose d’un peu inhabituel. Après une dizaine de minutes, l’attaché de presse nous a simplement laissés seuls en salle de montage, sans limite de temps. Forcément, après avoir évoqué en long et en large les chimpanzés qui parlent, la conversation a bifurqué sur les chauve-souris.

Le bonhomme était assez serein mais encore dans l’incertitude sur de nombreux points. A l’époque, le film faisait encore partie du DCEU, l’univers partagé des adaptations des comics DC au cinéma, où Batman serait à nouveau incarné par Ben Affleck, évoluant dans le même monde que Superman ou Wonderwoman.

Vous pouvez donc imprimer cette interview et colorier en vert les passages qui étaient clairement des indices pour ce qu’il a fini par mettre en scène dans The Batman, et en rouge ceux qui n’ont jamais abouti à rien.

C’est quoi le plus gros challenge entre la saga Planète des singes et le futur Batman ?

Batman. Tant mieux ! C’est pas très intéressant sinon, chaque nouveau projet doit être un nouveau défi par rapport à ce que j’ai déjà fait.

On va parler de quelques idées autour des adaptations de Batman, ok ?

Ok.

Les Bat-Tétons ?

Les ? Oh. Sans commentaire. (rires)

Jason Todd (un Robin assassiné par le Joker, ndlr) ? Son existence est revendiquée par la version de Snyder …

Une histoire fascinante. Le côté tragique assumé jusqu’au bout me parle beaucoup.

Il y a parfois une surenchère sur le côté sombre du héros. Tu te verrais aller jusqu’au R Rated (filminterdit au moins de 17 ans non accompagnés d’un adulte, ndlr) ?

(il réfléchit) Peu probable. Mais ce qui compte c’est le propos. The Dark Knight était puissant, surprenant. Ca repoussait des limites, sans avoir recours au R Rated. On a un peu cette approche avec La Planète des Singes : il n’y a pas de scènes « dures », mais on peut raconter l’histoire comme on l’entend. Je me suis rarement dit « ce film DOIT être R Rated ». C’est trop tôt mais un Batman R Rated… non, ce sera sûrement PG 13 (accompagnement recommandé / certaines images peuvent ne pas convenir à des enfants de moins de 13 ans).

Burton avait fait un film Planète des singes et il a aussi fait deux Batman. C‘est la 2e fois que tu marches dans ses pas du coup.

(enthousiaste) Ouais ! C’est marrant, quand même… Je pense que je vais continuer de l’imiter. Mon prochain projet après Batman sera forcément Dark Shadows (rires).

Il y a déjà eu pas mal d’itérations du héros. La particularité du Batman du DCEU, c’est d’avoir la possibilité de faire un Batman de science-fiction, encore inédit au cinéma.

Hmm. (pas convaincu) Bien sûr, mais ce qui m’intéresse c’est d’avoir un point de vue vraiment immersif. Que le spectateur adopte le regard du personnage et qu’il ait une connexion forte avec lui, en termes d’émotions. Le pouvoir du cinéma, c’est l’empathie. Je me dis jamais « je veux faire tel genre de film », je cherche juste le point de vue d’où l’histoire est racontée. J’adore Hitchcock et Scorsese pour ça. Tu te sens à chaque fois dans la peau de leurs persos. C’est ce que je veux pour Batman.

Vu les noms que tu cites, ça pourrait être une ambiance Batman détective, qui est aussi assez inédite pour l’instant.

Ça peut être une piste, oui.

Tu n’as pour l’instant bossé que sur des univers pré-établis. Ce n’est pas un manque de liberté ?

Tu dois trouver un moyen de t’approprier l’univers. Je suis très instinctif, je me base sur l’émotion que je peux trouver, c’est ça qui va me lier au film. Si je ne comprends pas l’histoire en termes d’émotions, je peux pas bosser. Pour Let me in, c’est arrivé dans une période où j’avais un autre projet, très personnel, que j’avais écrit mais qui ne trouvait pas preneur. Je connaissais Morse, chef d’œuvre, et je n’étais pas chaud pour faire un remake.

Puis on m’a fait lire le livre dont le film est adapté, et ça a résonné en moi, au niveau de mes souvenirs d’enfance. C’est ce côté intime qui m’a permis de m’impliquer. C’est vraiment comme ça que je procède. J’ai écrit à l’auteur pour expliquer la démarche, et il a eu la gentillesse de me répondre : il était content que son œuvre m’évoque ma propre enfance, car c’est comme ça que lui le voyait également.

Pour La Planète des Singes – L’Affrontement, ce qui m’a permis de m’approprier la saga, c’est l’approche sentimentale, César qui dit ses premiers mots, son évolution, ça me rappelait mon fils, tout simplement. Le côté « on est tous des animaux » également, j’ai souvent pensé ça. Après, il y a le cast. Andy Serkis est le meilleur dans sa catégorie, ses performances sont folles. On dit souvent que le travail est différent en motion capture mais c’est du jeu d’acteur, et c’est le meilleur.

Tu te vois continuer la saga des singes ?

J’ai effectivement des idées pour l’avenir de cette saga et j’espère en faire partie.

Et côté Batman ?

J’espère vraiment faire plus d’un film, c’est clair. Ah, je vois ta moue dubitative et je suis d’accord hein, c’est sûr que ça va être dur de concilier ça avec des futurs films Planète des singes… J’essaie de saisir toutes les occasions de faire les films qui me plaisent, voilà tout.

Soyons honnête : personne ne dit non à Batman.

C’est vrai (rires).

Tu anticipes déjà les réactions de la fanbase ?

Tu ne peux pas faire un film si tu prends trop en compte les avis extérieurs. J’aime voir des films, j’aime être touché par ce que je regarde. Mon but est de faire quelque chose qui me plaise avant tout.

Une fois qu’on s’est mis d’accord sur l’histoire et son angle, c’est bon. Mais tourner un film en essayant de deviner ce que le monde extérieur pourrait en penser ne mène à rien… Essayer de t’adapter en temps réel à ces suppositions ou ces avis, je n’y arrive pas.

Donc pas de vidéo « Sad Matt Reeves » avec du Simon & Garfunkel en musique de fond ?

(rires) J’espère pas ! Oh seigneur. Ce serait vraiment mauvais signe si ça m’arrivait…

Tu es fan de quels méchants ? Affleck avait clairement évoqué Deathstroke.

Je ne sais même pas si cette version est touours d’actualité… Il y a un choix infini dans les antagonistes encore inédits. Mais c’est pas des maths ! Je ne veux pas me dire « ok, il a déjà été adapté, je ne peux plus le prendre », surtout que certains peuvent être utilisés différemment.

Dans sa version actuelle, le Joker est très décrié, le montage de Suicide Squad étant ce qu’il est… Tu te vois le réhabiliter ?

Je ne peux faire aucune promesse. Mais c’est bien que tu parles du montage, parce que certains films sont faits dans des conditions difficiles et c’est moche de tout mettre sur le dos d’un acteur.

Warner a rencontré d’autres cinéastes avant de te choisir ; comment tu les as convaincus ?

Pareil que pour La Planète des singes. Je leur dis « voilà l’histoire et l’approche que je veux développer », s’ils sont d’accord on bosse ensemble, mais sinon, pas grave, on part chacun de son côté, sans problème : c’est leur argent, ils font ce qu’ils veulent. Je ne me battrai pas avec un studio.

Pour être franc, j’étais persuadé en leur pitchant mes idées qu’ils allaient dire « ok, c’est pas ce qu’on cherche ». Sauf que finalement, ils m’ont accepté. Mais je ne m’engage pas sur un projet en sachant que je vais être en désaccord avec le commanditaire et ne pas aimer le résultat final.

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