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Le macronisme est un maccarthisme sans boussole

Le macronisme est un maccarthisme sans boussole

La campagne des législatives aura été l’occasion pour la macronie d’abandonner ses bonnes manières apprises dans les grandes écoles (d’administration ou de commerce). Ses candidats ont remplacé leur discours lisse pour des propos insanes et outranciers qui rappellent les heures du maccarthisme. Mais celui-ci avait une certaine cohérence, celle qui manque à la macronie.

Les délires éthyliques de McCarthy et les chars soviétiques sur les Champs-Élysées

Entre deux verres de whisky bien chargés, Joseph McCarthy (1908-1957) inventait une nouvelle outrance. Dans sa bouche, un démocrate bon ton, sorti d’Harvard ou Yale, devenait un dangereux communiste, couteau entre les dents, à l’assaut des États-Unis. Dans les délires éthyliques du sénateur, les « ennemis de l’intérieur » infestaient toute l’administration. Entre la gueule de bois du matin et la nouvelle murge de midi, il inventait un pays rongé par de multiples dangers: le communisme, l’homosexualité, les Noirs.

Autre époque, autre pays. La France de 1980 voyait des chars soviétiques défiler sur les Champs Élysée si jamais François Mitterrand était élu président l’année suivante. Les mêmes outrances délirantes de McCarthy, cette fois dites par des journalistes et des politiciens moins alcoolisés. Dans les deux cas, néanmoins, la même haine du communisme, contre-modèle absolu de l’économie et la société « occidental ».

Un anticommunisme délirant mais luttant contre un véritable ennemi

On peut se moquer de ces vagues d’insanité déployées par la droite. On aurait bien tort de se priver de rigoler de leurs paniques. A défaut d’espérer qu’ils recouvrent la moindre raison, la dérision les aura replacer à leur juste place.

Mais, après tout, quand bien même ils l’exagéraient, les maccarthystes des années 50 et les possédants français des années 70-80 se référaient à une menace réelle. Il existait bel et bien une force alternative, le communisme. Dont la puissance était incarnée par un empire, l’Union Soviétique. Donc, aussi tarés fussent-ils, leurs paniques avaient quelques fondements dans la réalité. Des espions soviétiques travaillant pour l’autre empire n’étaient pas qu’une vue de l’esprit (alcoolisé) de droite. Même pour des mauvaises raisons, l’anticommunisme avait une raison d’être.

Le néolibéralisme en politique est un discours vide

En revanche, ce qui surprend actuellement dans les délires d’une Montchalin (ou de quelconque autre macroniste en roue libre) c’est la parfaite inanité du propos. Les macronistes s’inventent des ennemis à qui ils inventent des intentions et des programmes qui n’ont pas le début du commencement d’une réalité.

Il y a là une particularité du néolibéralisme en politique. Ces gens là ne sont même pas de vrais anticommunistes. Ils s’inventent anticommunistes (ou anti-wokistes, ou anti-zadistes ou anti-n’importe-quoi) le temps d’une campagne. Puis, ils passent à autre chose.

Demain, ils pourraient parfaitement se dire « antifascistes » ou, pourquoi pas, mener une campagne rhétorique contre les « excès du libéralisme ». Ils peuvent dire tout et son contraire, en même temps. Strictement, ils disent n’importent quoi. C’est pourquoi il n’y a, dans le fond, aucune différence entre Trump et Macron. Pour l’un et l’autre, il s’agit d’utiliser le langage pour atteindre un but à court terme. Ils n’ont que faire de la moindre cohérence, des traditions politiques qui fixent quelques axes structurant ou, même, d’un quelconque rapport avec la réalité.

Pour le néolibéral, le discours politique est un instrument. On s’en sert et on le jette. Et on en prend un autre. Voilà tout.

A quand la crise de foi(e) du néolibéralisme?

McCarthy est mort d’une hépatite à 48 ans, l’abus d’alcool provoque ainsi parfois de bonne chose. Le néolibéralisme domine le monde depuis bientôt 50 ans, et on aimerait bien qu’il attrape une maladie mortelle qui en finisse avec ses délires.

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