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« La terre des Aztèques en couleur ». Interview du graffeur HUMO par Veneno.

« La terre des Aztèques en couleur ». Interview du graffeur HUMO par Veneno.

« Réveillons l’esprit de AZTLAN, la terre des Atzèques »

Veneno : « J’ai eu l’occasion de rencontrer Humo lors de l’anniversaire du collectif de graffeurs « Street Talent » à Oaxaca De Juarez au Mexique en 2018 auquel j’étais invitée à peindre aux côtés de graffeurs venant de différents endroits.
J’ai fait la connaissance d’une personne talentueuse extrêmement accessible et humble.
D’origine mexicaine, Humo revisite et représente fièrement ses racines et sa culture dans ses graffitis. Faisant partie de l’ancienne génération de graffeurs, il n’en reste pas moins très actif dans le milieu et continue de faire avancer les choses en organisant divers évènements autour du graffiti. »

Crédit photo : Alejandro Otero Ortiz

Présentes-toi :
Je suis HUMO, je suis originaire de l’état de Oaxaca mais je vis dans la ville de Mexico.

Quelle est ta formation artistique ?
Je suis totalement autodidacte. À cause des conditions économiques mon obsession étaient les dessins animés… Plus particulièrement les bandes dessinées nationales et américaines. A partir de là j’ai commencé à comprendre l’anatomie, les perspectives, les points de fuite et beaucoup d’autres choses.

Comment as-tu commencé le graffiti et comment choisis-tu tes thèmes ?
J’ai découvert le graffiti en les voyant sur les bus, le métro et les transports publics recouverts de tags de différents graffeurs. Petit à petit, le nombre de graffitis grandissait. Vers 1994 environ, durant mes études j’ai commencé à connaître de plus en plus de graffeurs et c’est là qu’on a décidé de créer un collectif, notre premier crew : Le DEA « DESPERTANDO EL ESPIRITU DE AZTLAN » qui signifie : « Réveillons l’esprit de AZTLAN » (AZTLAN étant la terre des Aztèques).

Quels sont les artistes qui t’ont influencé ?
Il y en avait plusieurs, très bons à l’époque… comme Chaz Bojorquez, Ernie, Delta, Wizart, Twist, Katch, Persue, FX crew, Loomit, ATT crew, Mode2, Swet, Daim, Acme crew … parmi plein d’autres.

Comment définirais-tu ton style ?
Peut-être que ce n’est pas à moi de définir mon style mais plutôt aux gens qui le voit. J’essaie de ne pas me limiter et d’être pluridisciplinaire dans le milieu du graffiti… Lettrages, personnages, réalisme, 3D, muralisme, de tout !

Peux-tu nous parler de ton crew SIN FRONTERAS (SANS FRONTIÈRES) ?
Comment est-il né ?

Après avoir rencontré plusieurs tagueurs, graffeurs dans la ville, nous avons décidé de former un grand crew originaire de la ville de Mexico. C’est alors qu’est né en 1996 le RCK SF (Revolución Cultural Kallejera Sin Fronteras) en français : (Révolution Culturelle de la Rue Sans Frontières). Plus tard nous n’avons gardé comme nom que le SINFRONTERAZ : « SANS FRONTIÈRES ».
On s’est ensuite approprié la ville avec nos bombes de peinture.
Beaucoup de très bons graffeurs se sont succédé dans notre crew et ce, jusqu’au jour d’aujourd’hui.

Crédit photo : Alejandro Otero Ortiz

Dans tes peintures, on peut voir l’influence de la culture mexicaine, comment l’as-tu intégrée dans ton travail ? Plus précisément, dans ta série de personnages à têtes d’animaux de la mythologie Aztèque.
Peux-tu nous expliquer ce que cela signifie pour toi ?
Tout a commencé lorsque je me suis rendu compte que lorsque je peignais, je ne prêtais pas forcément attention aux nouvelles générations qui arrivaient.
Un jour, un garçon de 10 ans m’a montré ses dessins et j’ai été surpris de voir qu’il dessinait des personnages avec un joint de marijuana à la main comme ceux que je représentais dans mes peintures… Cela m’a choqué.
J’ai donc décidé de prêter plus attention à ce que je peignais et j’ai commencé à réinterpréter notre culture avec l’iconographies et le folklore mexicain (la Lucha Libre et autres images se référant au milieu de la rue)…

Crédit photo : Leonel Gamez

Comment vois-tu la scène graffiti Mexicaine ?
Je pense qu’il y a beaucoup de très bonnes techniques et de très bons graffeurs d’un niveau mondial mais qu’il faudrait que la scène graffiti Mexicaine cultive un peu plus son identité et son originalité. Je pense qu’au Mexique on peint comme nulle part dans le monde.

Quelle est ta philosophie du graffiti ?
Aujourd’hui, ma façon de penser a changé. Quand je vois qu’il y a des gens qui admirent et suivent mon travail, j’essaie de me surpasser à chaque fois afin de laisser le meilleur de moi-même dans mes peintures.

Facebook : https://www.facebook.com/HUMONE01
Instagram : https://www.instagram.com/humone_sf/

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