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Tribune : Régime de l’oppression – Amnesty International aligne la France de Macron

Tribune : Régime de l’oppression – Amnesty International aligne la France de Macron

Spoiler : La France n’est pas le pays des droits de l’Homme

Mercredi 7 avril 2021, Amnesty International publiait son rapport sur la situation des droits humains dans le monde. Et la France de Macron est en bonne position pour se rapprocher des pires régimes.

Sans surprise, le rapport relève « l’usage excessif de la force » par la police française, en particulier dans les quartiers populaires. Il pointe du doigt, également, les propos racistes et homophobes itératifs, ubiquitaires dans les commissariats de l’Hexagone. Immanquablement, il relève qu’en manifestation aussi, les forces de l’ordre sont particulièrement violentes et utilisent des armes et des méthodes dangereuses, s’apparentant à des techniques de guerre.

Comme il n’existe pas de structure indépendante pour enquêter sérieusement sur ces faits, les policiers violents ne sont que très rarement poursuivis. Rappelons que Brigitte Julien, directrice de l’GPN, avait affirmé éhontément que les “violences policières n’existaient pas”.

Tout cela est connu, plus personne ne l’ignore, et il ne reste plus que les nervis d’extrême droite pour défendre encore la police. Connivence et accointance idéologique.

Le rapport soulève également que la liberté de réunion pacifique, qui comprend le droit de manifester, est mise à mal depuis le début de la pandémie. C’est très simple : à la fin du confinement le printemps dernier, le gouvernement a tout simplement interdit les rassemblements de plus de 10 personnes, sans prévoir d’exception pour les manifestations à caractère de revendication politique et/ou syndicale. Le Conseil d’État, le 13 juin 2020, estimait l’interdiction trop stricte, qu’elle n’est justifiée uniquement en cas de rebond de l’épidémie avec l’impossibilité de mise en œuvre des gestes barrières.

En d’autres termes, le gouvernement a profité de la crise sanitaire pour interdire réellement de manifester, prenant le prétexte sanitaire pour museler toute contestation, au nom de notre “Bien”.

Parallèlement, des mesures liberticides et répressives sont activement instaurées, les organes de l’Etat multipliant les poursuites arbitraires de manifestant.es ou jeunes des quartiers pour outrage ou groupement et la parole de la police est sacralisée. Ce sont des pratiques totalitaires qui se banalisent. Déjà il y a un an, Amnesty s’inquiétait de la proportion affolante de manifestant.es arrêtés sous de faux prétextes dans un but répressif, en enquêtant sur les libertés de manifester en Hongrie, en Pologne… et en France. Leur rapport consacrait d’ailleurs une partie à l’affaire nantaise d'”association de malfaiteurs”.

Enfin, Amnesty International pointe une dégradation considérable des droits des exilé.e.s. A Calais, hommes et femmes subissent harcèlements et violences au quotidien. Ils sont nombreux à être envoyés dans les Centres de rétention au mépris total de leurs droits et de la protection de leur santé. Leurs soutiens sont également sujets aux intimidations de la part des forces de l’ordre. Le préfet du Pas-de-Calais interdit même depuis septembre la distribution de nourriture ! L’ignominie aux confins de la barbarie.

Ce gouvernement a donc instrumentalisé la santé publique pour prendre des mesures liberticides : l’objectif est la répression et l’installation des réalités d’extrême droite. Pourtant, rien ne l’arrête dans sa lancée sécuritaire dont s’alarme le rapport d’Amnesty.

On cite :

  • Remplacer la clef d’étranglement par le Taser en généralisant son usage
  • 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires pour la sécurité publique, 33 de plus à Nantes
  • Création d’une réserve de 30 000 hommes dans la police- 170 000 munitions de LBD commandée
  • Création d’une forme d’ « école de guerre » à Montpellier
  • Ouverture d’« états généraux de la laïcité », une bonne couverture pour stigmatiser toujours plus les musulmans et musulmanes
  • Lancer un débat sur la consommation de drogues, et oser dire que « la drogue innerve certains réseaux séparatistes ». Parle-t-il de la BAC Nord de Marseille, dont le procès se tient en ce moment même ? Ou bien de la CSI 93, visée par 17 enquêtes préliminaires pour vols, violences, falsification de PV, trafic de stup… ?

On ne cite plus les trop nombreuses injustices et manœuvres de domination. Ce gouvernement jette en prison des teufeurs, mais mange dans la main du duo Chalençon-Leroy. Il s’effarouche des mères voilées en sortie scolaire au nom du sexisme “islamique” mais approuve les violences policières sur les exilées.

Macron est en campagne pour 2022. Et il persévère dans son autoritarisme, toujours plus cruel. Alors que toutes les associations qui luttent pour les droits humains tirent la sonnette d’alarme, ce gouvernement poursuit allègrement sa politique libérale, sécuritaire et raciste, au point que l’extrême droite ne trouve même plus de reproches à lui adresser et se fait doubler dans ses idéologies.

N’attendons pas les élections pour réagir. Ne nous laissons pas endormir par une campagne théâtrale clownesque. C’est dans la rue qu’on obtient des victoires. Pas dans les urnes.

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