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Alliance Anti-Charlie

Alliance Anti-Charlie

Sous l’impulsion du syndicat de police Alliance, le préfet de Loire-Atlantique attaque en justice le site d’information Nantes Révoltée pour avoir publier un détournement humoristique de la campagne de recrutement de la Police Nationale.

Décidément, la police est maltraitée dans notre pays. En plus d’un gouvernement qui ne lui fait bénéficier d’aucun des avantages offerts au reste de la population (les policiers sont, entre autres, exclus de la réforme des retraites et de l’obligation vaccinale), elle doit maintenant faire face à son propre syndicat majoritaire. En effet, Alliance s’évertue à diffuser une image exécrable des forces de l’Ordre. Rappelons que son secrétaire général, Fabien Vanhemelryck, a publiquement affirmé que le principal “problème de la police, c’est la justice”, phrase que ne renieraient pas bien des délinquants multirécidivistes, tels que Patrick Balkany ou Nicolas Sarkozy. Autrement dit, pour Alliance, délinquants et policiers même combat.

Pire encore, maintenant le syndicat prétend censurer une campagne publicitaire. Animée avec humour par l’équipe de Nantes Révoltée, cette campagne (ou détournement) visait à rappeler chacune des tâches quotidiennes de la police française. Dans la version initiale du ministère de l’Intérieur lancée le mois dernier, le slogan publicitaire se contentait d’un très vague “protéger, le plus beau métier du monde”. Cette campagne a été reprise et approfondie par Nantes Révoltée ce mercredi 28 juillet sur sa page Facebook. Ainsi, chaque affiche insistait sur un aspect particulier du “plus beau des métiers” en question : “mutiler”, “gazer”, “humilier”, “surveiller”, “tabasser”, “terroriser”, “soumettre”.

Mais cet effort de clarification n’a pas été du goût d’Alliance qui, quelques heures plus tard, a signalé la publicité détournée au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, afin que “des poursuites soient engagées à l’encontre des ‘auteurs’”. Visiblement, Alliance continue de confondre police et justice, puisque le syndicat croit que les poursuites judiciaires doivent être entreprises par le ministère de l’Intérieur. Il ne peut mieux dire qu’il croit vivre dans une dictature policière. Pour Alliance, la séparation des pouvoirs se résume à un “la police nique la justice”.

Au-delà de ce rapport problématique avec l’institution judiciaire, Alliance voue un profond mépris à la liberté d’expression. Car c’est bien ce droit que le syndicat attaque sans vergogne en s’en prenant à Nantes Révoltée. Alliance n’a pas l’esprit très Charlie. Or, nous savons la population très attachée à ce droit, c’est donc le lien entre population et police que le syndicat Alliance sabote honteusement. On ne peut que s’étonner que la police, dont on connaît l’attachement à la population, soit ainsi coupée d’une initiative venue de la société civile. Gageons que les policiers auront, pour la plupart, apprécié le travail de Nantes Révoltée. Malheureusement le syndicat Alliance manque à la fois d’humour et de discernement, si bien qu’il travaille sans cesse à éloigner les policiers du reste de la société.

Afin de comparer le travail de chacun:

  • L’agence de publicité du ministère de l’Intérieur:

https://lareclame.fr/babel/realisations/proteger-les-plus-beau-des-metiers

  • Les publicités améliorées par Nantes Révoltée:

https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee/photos/pcb.4218889608147180/4219438121425662/

  • La dénonciation de Alliance Police (capture d’écran)

Le préfet de Loire-Atlantique, voulant visiblement ne pas prendre la responsabilité du grotesque, précise qu’il agit contre “Nantes Révoltés” (sic) à la demande de Gérald Darmanin (dont on connait la propension à porter plainte, puis à se rétracter).

Mise à jour (ajout le 30 juillet à 17h). Le préfet communique de nouveau aujourd’hui, cette fois dans la presse régionale (Ouest-France). Sa justification pour attaquer le site d’information Nantes Révoltée est encore plus savoureuse que celle d’hier. Rappelons que son communiqué de presse d’hier prenait bien soin de préciser  qu’il attaquait en justice NR “à la demande du ministre de l’Intérieur”. En langage diplomatico-administratif, ça veut dire que le préfet sait parfaitement que la démarche n’a aucune chance d’aboutir et qu’il ne veut pas endosser le ridicule. Mais il a peut-être agacé son ministre (sur qui le ridicule retombe donc), alors aujourd’hui il se défausse autrement : en invoquant l’article 40 du code de procédure pénale qui veut que tout fonctionnaire dénonce au procureur “un crime ou délit” dont il aurait eu connaissance.

À moins que le procureur ait une interprétation encore plus restrictive de la liberté d’expression que celle d’Alliance (qui doit être à peu près celle de Pinochet), il va de soi que le détournement d’une publicité ne constitue pas “un crime ou délit”. Autrement dit, à vouloir se défausser du ridicule, le préfet est grotesque. Et, pour résumer, Alliance dit une énormité (pour laquelle le syndicat peut probablement être poursuivi pour “procédure abusive”), le ministre de l’Intérieur la reprend à son compte mais … délègue à son préfet. Si on suit bien, on comprend que Alliance et Darmanin sont prompts à menacer mais ne se risquent pas à entamer des procédures. Comme ils le disent bien, leur “problème c’est la justice”.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-le-prefet-saisit-la-justice-suite-au-montage-de-nantes-revoltee-visant-la-police-nationale-cfbdae78-f07c-11eb-9dfd-b6d2c08f691c

https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006574933/

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