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Le Grand Oral du Sport : vers une prise en compte de l’urgence sportive ?

Le Grand Oral du Sport : vers une prise en compte de l’urgence sportive ?

L’époque où Marie George Buffet prenait à bras-le-corps le sport français est sans doute définitivement révolue. La ministre de la jeunesse et des Sports du gouvernement Jospin ( 1997-2002 ) a donné une impulsion certaine à ce secteur. Mais voilà, à deux ans des Olympiades Paris 2024, il y a urgence…Et pour cause, le sport est souvent oublié des campagnes présidentielles alors que les moyens doivent être investis aujourd’hui plus que jamais. Le CNOSF a donc organisé le Grand Oral du Sport, jeudi 17 Mars dernier. Retour sur cet évènement inédit jusqu’ici. 

Brigitte Enriques, présidente du CNOSF et ses partenaires répondent aux questions des journalistes lors du grand oral du sport, jeudi 17 Mars 2022.

12 invitations envoyées, 3 candidats présents pour exposer leur programme pour le sport. Une ambiance conviviale régnait au sein de la maison du sport français du 13ème arrondissement de Paris. Tous les acteurs du sport et journalistes se sont rassemblés afin d’interroger Anne Hidalgo, Fabien Roussel et Yannick Jadot. Tous les trois ont en commun cette fierté et cet enthousiasme d’accueillir les JO dans notre capitale. 

Anne Hidalgo répond aux questions des partenaires du CNOSF lors du grand oral du sport. Crédit photo : CNOSF.

Le Grand Oral du Sport : une initiative nécessaire

1,5 milliard de budget de l’État consacré au sport pour Anne Hidalgo. 1000 piscines et tout autant de complexes sportifs sur 5 ans propose Fabien Roussel. Et Yannick Jadot veut élargir la prise en charge des parcours Santé-Sport … autant de mesures proposées par les candidats présents ce jour.  Pourtant, depuis quelques années déjà, on assiste au démantèlement du ministère des sports. Un paradoxe vous me direz pour le pays hôte des prochaines Olympiades. 

Définir une politique claire pour le sport

En effet, lors du dernier remaniement ministériel d’Emmanuel Macron en Juillet 2020, le ministère des Sports a été placé sous tutelle du ministère de l’Éducation Nationale… Une application supplémentaire ( et passée quasi sous silence médiatique ) du rapport CAP22 lancé en Octobre 2017 par Edouard Philippe. Ce texte vise notamment à « améliorer la qualité des services publics, offrir un environnement de travail modernisé aux fonctionnaires et maîtriser les dépenses publiques en optimisant les moyens. » Optimiser les moyens signifie-t’il supprimer 120 postes de conseillers techniques en Avril 2021 à l’heure où les fédérations doivent obtenir des résultats pour les JO 2024 ?

La délégation française lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin 2022.

Pour beaucoup, le sport n’a jamais été vraiment considéré par nos élites dirigeantes qui perçoivent ça plutôt comme un loisir. Une réalité à l’opposée de celle du système anglo-saxon où le sport est professionnalisé très tôt. D’ailleurs, la part du budget de l’État français consacrée au sport représente moins d’1% de la totalité de celui-ci.

De nombreux acteurs réclament plus de moyens

Cependant, un sondage Odoxa nous informe que 43% des Français « jugent que des questions de politiques sur le sport ne sont pas assez évoquées dans la campagne. » 

De nombreux acteurs du sport et la majorité des sportifs réclament plus de moyens pour davantage performer depuis des années : les instances du sport telles que les fédérations mais aussi les partenaires tels que le CPSF, l’ANLSP, le COSMOS, l’UNION Sport & Cycle, Mouvement des entreprises de France, SPORSORA, l’ANDES.

A deux ans des JO de Paris, les choses doivent impérativement s’accélérer pour le sport.

Le gouvernement d’Emmanuel Macron a accéléré la mise en place, le 15 Mars dernier, d’une Agence nationale du Sport à l’initiative du Premier Ministre, Jean Castex. Celui qui a crée en 2010, les Agences Régionales de Santé chargées de coordonner sur un territoire la politique de santé. On connaît la suite…le point de rupture a été atteint mis en exergue par la crise sanitaire. 

Apparemment, les prochains mois s’annoncent intensifs pour répondre aux impératifs de l’organisation de la plus grande compétition du monde. À mon sens, la démarche du CNSOF d’organiser le Grand Oral du Sport était plus que nécessaire. Brigitte Enriques, présidente du CNOSF veut faire avancer les choses avec ses partenaires. Elle dresse un bilan plutôt positif de l’évènement. Mais le monde du sport ne s’exprime pas assez à ce sujet alors qu’il y a beaucoup à dire…

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