pixel
Now Reading
Ce que veulent les femmes d’aujourd’hui

Ce que veulent les femmes d’aujourd’hui

Ce weekend encore, une nouvelle affaire d’agression sexuelle a été révélée au grand jour. Une fois de plus, une jeune femme se fait harceler, agresser, toucher malgré son refus manifeste. En cause ? La fascination qu’exerce ou que cherche à exercer ces messieurs sur ces dames. Le tout enrobé d’emprise, de chantage professionnel et tutti quanti. Bref, le cocktail idéal pour que tous les débordements soient possibles. Alors, comment en sortir ? Que veulent les femmes d’aujourd’hui ? Comment s’extraire de ces violences masculines (qui peuvent aussi s’exercer sur des hommes) ?

Les affaires de moeurs prennent une nouvelle allure. Il ne s’agit plus de bannir de la bonne société les adultérin.es ou les “déviant.e.s”, mais de dénoncer à chaque fois que nécessaire, les affres du sexisme toujours à l’oeuvre. Loin de chercher à normer les genres et les sexualités comme c’était le cas jusque dans les années 60, il s’agit au contraire de permettre à chacun de s’émanciper de ces normes, de les interroger, voir de les mettre de côté. Il est donc temps de se demander ce que veulent les femmes d’aujourd’hui, et surtout de leur laisser la parole sur le sujet.

N’en déplaise aux réactionnaires, traditionalistes et autres fachos même de gauche, la norme qu’elle soit de genre ou sexuelle n’est qu’une construction sociale. Elle n’est en rien “naturelle”. L’évolution des moeurs est donc aussi naturelle que légitime s’il s’agit de jouer sur les mots. Petit tuto des points à comprendre pour naviguer en terre non sexiste et mixte. 

Cessez de définir le féminin à notre place merci

La féminité telle que définie tant par les magazines féminins que la culture populaire, est le pire ennemi des femmes. Cette féminité entendue comme une apparence en premier lieu est une construction purement masculine qui revêt de la violence en son sein. En effet, la féminité est définie comme “un ensemble de caractère stéréotypés correspondant à l’image sociale traditionnellement des femmes. Son contraire est la virilité”. 

Autrement dit, la féminité n’est rien en soi, elle n’est que le pendant, le contraire, l’opposé de la virilité. Elle est aussi construite socialement. Ni l’un ni l’autre n’ont donc de caractère anthropologique, ni physiologique.

A ce titre, la féminité est une pure construction sociale qui ne revêt aucune autre réalité. Pire, elle est construite en opposition à la virilité entendue comme positive. Si le viril est fort, le féminin est faible. S’il est dans l’affirmation de soi, le féminin est dans la discrétion. Si le caractère masculin est rationnel, le féminin est affectif. Si le corps des hommes est animal, pulsionnel et libre, celui des femmes… n’est-ce pas Annie ?

La féminité n’est pas une donnée définissable. Elle dépend de chaque femme, de sa manière unique d’habiter son corps, son rapport unique à elle-même, aux autres, au désir. A ce titre, il n’y a pas une féminité n’en déplaisent aux identitaires, mais celle-ci est multiple, aussi diverse que les femmes elles-mêmes. Demander aux femmes d’être féminines, c’est donc en soi déjà sexiste. La féminité n’existe pas en soi. 

Donc on arrête les tables rondes de femmes qui ont “un point de vue différent”, les sujets spéciales femmes ou féminins qui sont réellement sexistes. Ce que les femmes d’aujourd’hui veulent, c’est de la mixité. Etre entendues, reconnues, écoutées et considérées à égalité avec les hommes, pas différemment.

Respectez le corps des femmes pour ce qu’il est et non ce que vous voudriez qu’il soit

Le corps des femmes serait donc à mater. Nous adorons d’ailleurs ces messieurs qui pensent avoir le même niveau d’exigence que ce qui est imposé aux femmes lorsqu’ils vont chez le barbier. Il suffirait de comparer le budget nécessaire à une femme pour être épilée en permanence (soit un passage toutes les trois semaines qui va de 30 euros dans le discount pour jambes maillot aisselle à plus de 120 euros dans les grands salons), apprêtée (maquillage, coiffure, soit un budget en moyenne pour les femmes de 2482 euros par an). Bref, être féminine ça coûte si cher, que beaucoup d’entre nous ne peuvent pas se le permettre. La féminité serait donc aussi un espace de ségrégation sociale. 

Il serait donc bienvenu que ces messieurs cessent d’imposer leur code au féminin et à notre apparence. Les femmes ont des corps qui vivent, avec des poils, de la sueur, des odeurs et tout ce qui en sort, en vient et est produit par ce corps est bon absolument. Une femme propre est une femme qui sent le corps, pas la lavande. 

L’hyperhygiénisation féminine produit de véritables dangers de santé publique comme les assèchements vaginaux liés aux nettoyage intensif des parties intimes, la modification de la flore vaginale de ce fait aussi et les vaginites et mycoses qui en découlent.

En somme, le corps des femmes est systématiquement suspect et doit être “civilisé”, dompter, mater. Quand ce n’est pas notre ventre… Comme tout corps, le corps des femmes est un sanctuaire impénétrable (oui impénétrable) sans y être inviter explicitement… et cela vaut même pour le gynéco.

Arrêtez le sexzonage

Le gros fléau, c’est la violence sourde exercée par un phénomène trop peu connu : le sexezonage. Ce concept qui vient répondre au friendzonage est un élément de compréhension important dans ce type d’affaire. 

En effet, un homme part du principe quasi systématique que lorsqu’une femme lui adresse la parole sur un réseau social ou dans la vraie vie, c’est forcément parce qu’il lui plaît, qu’elle le veut, comme ils disent. Or, messieurs, breaking news: ceci est faux. 

Une femme peut vous demander vos coordonnées téléphoniques en public sans vouloir baiser avec vous. Une femme peut vous envoyer son travail juste pour savoir si c’est bon. Pire, une femme peut vous solliciter professionnellement pour des raisons professionnelles… oui, oui je vous jure…

Quand les hommes espèrent éviter la friendzone, ils induisent de fait que la personne à qui ils parlent n’a d’intérêt qu’à condition qu’ils puissent l’envisager sexuellement. Sinon, elle n’est bonne à rien…

En somme, si une femme a le malheur de s’adresser à un homme, elle doit faire attention à sa posture, se méfier de toutes les propositions et surtout toujours attendre que les choses soient définies pour elle et non par elle.

En somme, le risque de la friendzone, c’est en réalité imposer une sexezone de fait. Or, c’est violent.

Le sexezonage est au coeur du harcèlement. C’est lui qui fait croire à certains qu’envoyer leur parties intimes à des femmes le matin sans autre forme de bonjour, est bienvenu.  Bien sûr, toutes les femmes n’ont qu’un seul rêve : recevoir une dickpick par jour pour se sentir désirée et belle… non mais sérieux? 

Dénoncez vos potes

Enfin, pour ne pas être un vieux sexiste misogyne, encore faut il reconnaître le sexisme partout où il est et pas seulement quand ça arrange. Vos potes sont tous concernés !

Quand vous en voyez un attaquer des femmes sur internet gratuitement, ça devrait vous mettre la puce à l’oreille. Si un autre est régulièrement accusé d’agressions, ce n’est pas toutes ces femmes qui mentent mais le pote en question qui déconne. Lorsqu’un homme considère toujours les femmes comme des projets, des “petites”, des moyens de se satisfaire cela devrait déjà vous alerter. Tout ce qui a trait au “player” ou “catcheur” comme le dit Disiz est à remettre en cause.

Nous connaissons tous des agresseurs. C’est malheureux, mais c’est le jeu. Toustes autant que nous sommes avons été bercé.es par le sexisme de la télévision, de nos pair.es, de nos manuels scolaires et de nos idoles. Aucun d’entre nous n’en est exempt, alors dis toi que ton pote est un agresseur potentiel, comme toi, comme ton fils. Il ne s’agit pas de culpabiliser, juste de se questionner sur le sujet sans se faire croire que le problème c’est les autres. Couvrir un agresseur, c’est participer du crime. 

A moins que tu préfères défendre un violeur plutôt qu’une menteuse, c’est ton choix, mais assumes le…

View Comments (0)

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Scroll To Top