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Le Rodéo cinématographique de Lola Quivoron et de Julie Ledru

Le Rodéo cinématographique de Lola Quivoron et de Julie Ledru

« Rodéo » de Lola Quivroron raconte l’immersion de Julia, interprétée par Julie Ledru, dans le milieu très masculin et illégale du cross-bitume au sein des B-More. Un film entre violence et douceur qui flirte avec différents univers cinématographiques et qui n’est jamais là où on l’attend pour déjouer les représentations de genres.

Une semaine avant sa sortie dans les salles de cinéma, ce mercredi 7 septembre, j’ai été invitée à une projection du film Rodéo de Lola Quivoron. Rodéo m’a donné envie de rencontrer sa réalisatrice, Lola Quivoron et sa comédienne principale, Julie Ledru, pour parler cinéma. Une conversation très riche sur la fabrication de ce premier film qui a été distingué par le 75e festival de Cannes.

La toute première fois

Boulomsouk Svadphaiphane : Rodéo a été votre première fois à toutes les deux, Lola, ton premier film, Julie ton premier rôle. Quelle a été votre expérience de cette première fois?

Lola Quivoron: Quand je rencontre Julie, le personnage de Julia devient très concret. J’adapte le film pour elle. J’ai tout réécrit parce qu’elle est vraiment venue remplir le dessin du personnage que j’ai longtemps imaginé mais qui manquait de précisions, de réalité, d’aspérités. Pendant tout le processus d’écriture, on partage beaucoup de choses, nos rêves, des choses intimes, l’expérience de savoir ce qu’est d’avoir un corps de femme, d’être confronter à certaines formes de violence.

« L’expérience de savoir ce qu’est d’avoir un corps de femme, d’être confronter à certaines formes de violence. »

Lola Quivoron

Lola Quivoron : Julie a une immense solitude, une vie faite de débrouilles. Cela me bouleverse beaucoup, comme cela me bouleverse aussi dans le personnage. Il y a un lien très fort car c’est de ce que je reconnais chez moi ou un ancien moi. Julie m’a souvent répété cette phrase que je trouve merveilleuse car je la trouve très touchante « Je suis mon propre meilleur ami ».

Pendant le tournage j’ai beaucoup appris de Julie, comme des autres comédiens. On a tourné dans l’ordre, c’est un peu un hasard. La première séquence du film, c’est la première séquence qu’on a tournée. On s’est retrouvé toutes les deux sans connaître l’équipe. Je connaissais, seulement, les chefs de postes. C’était chouette on s’était dit : «Ensemble on allait plier le game, on allait s’imposer.»

C’était notre toute première fois, le premier jour, toutes les deux. Toi (Julie) t’avais envie de vomir toute la journée car t’étais pas mal angoissée.

Quand tu poses la question c’est vraiment ce que je ressens, ce premier jour ensemble et le fait qu’on se soit jamais plus quitté. Ce film avec Julie c’est l’histoire d’un lien très fort.

Rodéo de Lola Quivoron, sortie en salles le 7 septembre 2022

Julie Ledru : Cette première fois, je ne l’ai pas sentie passée. Avec Lola on s’est rencontré et on a parlé tout de suite de choses très intime, alors que j’étais dans une tristesse profonde. J’avais besoin de parler et elle était là pour m’écouter. Il y a un lien qui s’est créé assez rapidement et qui a permis une douceur jusqu’à l’entrée sur le plateau. À aucun moment, je me suis dit de façon paniquée « Je vais tourner. Merde je vais faire un film. J’ai peut être pas envie. J’ai peut être plus envie. » J’ai tellement été cocoonnée.

Julia

Julie Ledru : On avait pas mal travaillé aussi en amont. On a eu deux semaines vers Saint Quentin dans le 02 (Les Hauts de France). On a travaillé tout ce qui tournait autour du personnage de Julia, que ce soit dans sa posture, sa façon de marcher. Dans l’agressivité du personnage aussi car même si elle a écrit le rôle en le façonnant un peu à l’image du moi avant. J’ai tendance à dire que Julia est le moi d’avant car je l’ai enterré avec le film. Il y a vraiment quelque chose de très doux qui s’est fait que ce soit dans le travail, dans les entraînements.

« J’ai tendance à dire que Julia est le moi d’avant car je l’ai enterré avec le film. »

Julie Ledru

Boulomsouk Svadphaiphane : Combien de temps à durer le tournage?

Lola Quivoron : Très court pour ce genre de film. C’est un film de moins d’un million d’euros, donc un film a petit budget. C’est 29 jours de tournage avec 4 ans d’écriture. Quand je rencontre Julie c’est 2 ans et demi avant de tourner. On est en préparation du film dès lors qu’on écrit avec nos discussions sur le personnage, sur nos vies à toutes les deux, et aussi avec Antonia qui est ma compagne. On était trois, ça circule de manière différente. Il y avait toujours une possibilité de s’échapper qui existe moins à deux.

Boulomsouk Svadphaiphane : Julie, cette envie de jeu tu l’as dès le départ. C’était évident ou s’est venu petit à petit en discutant avec Lola?

Julie Ledru : C’est venu petit à petit et vraiment face à la caméra. Au premier « Action ! », on te rassure. On est tous là ensemble. C’est notre première fois à tous. Ne panique pas, s’il y a un problème, s’il y a un coupé, c’est pas ta faute. On est tous là pour se régler les uns les autres. C’est des phrases qui peuvent paraitre bêtes mais être rassurée comme ça la première fois, c’est se libérer et se dire je ne suis pas jugée dernière la caméra.

Boulomsouk Svadphaiphane : Pour toi Lola, Julie était une évidence pour interpréter Julia?

Lola Quivoron : Ah oui! Ça fait 7 ans que je suis dans le milieu du cross-bitume pas parce que je pratique le cross bitume bien que je sache faire de la moto et 4 ans d’écriture, j’ai eu le temps d’imaginer ce personnage qui est un personnage issu de plein de mouvements d’écriture différente. J’avais envie de voir ce personnage irrévérencieux, l’héroïne qui flambe de sa colère intérieure qui est une forme de violence aussi. Je pense qu’on a rarement dépeint la violence des femmes ou alors très mal ou on en a peur parce qu’il a une sorte de pudeur et surtout le regard masculin est très fort. Il empêche de percevoir ce qu’est la violence, surtout d’où elle vient et pourquoi. Souvent on parle d’hystérie, je crois que c’est une manière de stigmatiser la violence des femmes qui est juste là pour répondre à une forme d’injustice, une sorte d’inscription très forte dans le monde pour se faire entendre, pour préserver sa place. Une femme est obligée d’en faire toujours plus.

J’avais envie de dépeindre ce personnage avec une forme de beauté physique qui en même temps peut être déformée par la colère. Un personnage dans le mouvement perpétuelle, qui ne s’arrête jamais, qui échappe aux cadres, aux assignations, qui est dans le spectre des genres. Julia ne pourrait pas dire d’elle est non binaire parce qu’elle n’a pas les codes mais elle est simplement cet être humain placé entre le spectre du masculin et féminin. Elle performe tantôt le genre féminin parce qu’elle s’habille pour taper des bécanes et c’est plus simple. Tantôt elle performe le genre masculin et la violence qui est un des attribut du monde masculin. C’est presque un passage obligé.

Julia interprétée par Julie Ledru

Le miracle

Lola Quivoron : Ce personnage là a grandi dans mon imaginaire, il a hérité aussi de ces petites rencontres, comme cette fille qui s’appelle Baya qui avait un peu près le même ADN que Julie. Baya a le même parcours que Julia dans le film. C’est une comète . Elle a apparu dans le monde des Dirty riders crew qui est la communauté de cross bitume par laquelle je suis rentrée. Elle a disparu aussitôt. Cela laisse imaginer que c’est difficile d’avoir une place pérenne. C’est dur de s’inscrire dans le temps. Cela a nourri le personnage.

Puis après je rencontre Julie, dans l’idée très simple de recueillir des témoignages pour articuler le personnage a des choses plus réelles. Quand je rencontre Julie, il y a une évidence très grande que j’attribue souvent au miracle. Elle a l’expérience du personnage que je suis en train d’écrire. Elle a été traversée par cette violence, cette solitude, cette mélancolie noire, cette colère pour éviter de souffrir.

Quand on se dit au revoir, je reprends la ligne H parce que j’étais chez elle dans le 95. Gare du Nord, j’appelle Antonia. « C’est très étrange cette fille, je ne sais pas si elle est manipulatrice ou quoi mais on dirait qu’elle a raconté l’histoire de mon personnage ». Il m’a fallu plusieurs mois, voir un an pour me dire que c’était elle.

Quand je suis revenue vers elle, je lui ai dit « Voilà si tu es d’accord, j’écris pour toi. J’aimerai qu’on travaille ensemble. Sur la base de quelque chose qui ne serait pas de l’ordre d’un rapport de domination, de prédation ». Pour les gens qui ne connaissent pas le cinéma cela peut être très dangereux. C’est un monde bourgeois et surtout le réalisateur, celui qui regarde a beaucoup de pouvoir. L’idée est de créer un terrain d’entente, fondé sur la confiance pour que cela se fabrique à deux puis de manière collective ensuite.

Boulomsouk Svadphaiphane : Julie, tu faisais déjà du cross bitume avant le rôle?

Julie Ledru : Je faisais du cross bitume quand j’ai rencontré Lola… J’étais en forêt ou en cross bitume?

Lola Quivoron : Tu faisais les deux. Tu avais organisé un barbecue pour te faire connaitre du DRC (Dirty Riders Crew) à Saint Ouen l’Aumône.

Julie Ledru : Je venais d’arriver!

Boulomsouk Svadphaiphane : Qu’est-ce qui était facile pour toi de jouer dans ce personnage?

Julie Ledru : La facilité était nulle part et partout à la fois. C’était quelque chose entre les deux. Au début, il avait la peur d’être face à la caméra. Je me sens toujours mieux sur ma moto. Sur ma moto, je me tais. Je suis très bien, je roule. Je sais faire. Plus le tournage passait plus je m’amusais face à la caméra et j’adorais ça. Tout le monde s’aidait. Il y avait sur le plateau une bulle d’entraide, un lien qui s’est formé, incroyable.

Lola Quivoron : Il faut savoir que Julie est très peu doublée dans le film. À part la scène de cascade à la fin. Sinon c’est toujours elle, sur les différentes motos qui sont des engins de mort. Des motos très puissantes notamment les deux dernières, la 450 et la 250. C’est beaucoup de concentration, une lutte perpétuelle entre la fatigue entre le jeu et le fait que ce qu’elle fait est risqué et réelle.

Julie Ledru : Il y avait une synchronisation à avoir. J’avais la caméra qui était parfois à quelques centimètres de ma roue avant ou de ma roue arrière, même de mon cale-pied.

Julia, Julie Ledru et Abra, Dave Nsaman Okebwan dans Rodéo de Lola Quivoron

Lola Quivoron : Julie est une vraie comédienne dans le sens où elle absorbe, quand elle décide de faire confiance, ce que tu lui donnes en nourriture intellectuelle. On a beaucoup parlé du personnage. Elle a aussi beaucoup évoqué les vieux cadavres déposés à l’intérieur d’elle pour insuffler de l’énergie à ce personnage de Julia qui est très éloigné d’elle en terme d’énergie. Julie est plutôt chill, peace, il a fallu fabriquer, construire cette énergie d’intensité, de rapidité, de tension, de violence dans le corps qui est mené à rude épreuve. C’est une vraie actrice car il y a une vraie interprétation, une capacité à composer un personnage. De prendre des choses de soi, de moi aussi et des choses inventées.

Les scènes d’impro faites avant le tournage et les premières séquences, nous les avons tournées longtemps longuement comme des plans séquences. Cela permettait à Julie d’entrer dans un tunnel de jeux et surtout de se concentrer et de se couper du réel pour être dans la fiction. Du coup, la fiction devient sa propre réalité au moment où elle joue. J’ai beaucoup été rassurée dès le début quand j’ai vu que Julie avait son propre monde intérieur et qu’elle avait une capacité de s’abstraire du monde, à sortir parfois de son corps, d’avoir ce jeu là, parfois à l’intérieur, à l’extérieur. Quand on disait action, elle devenait vraiment Julia.

Sororité

Boulomsouk Svadphaiphane : Dans cette univers supposé masculin, il y a une belle histoire de sororité était-elle déjà là depuis le début dans le scénario? (Attention spoiler alert dans le reste de l’échange !)

Lola Quivoron : Oui c’est là depuis le début. Il y a même une version où le personnage de Julia se retrouvait à partir avec Ophélie en Corse. La dernière séquence de ce film là, en Corse se terminait dans la forêt avec des chasseurs. On entendait des coups de feu, idée encore que l’on tombait dans un autre monde masculin.

Je ressentais très fort l’idée que si je construisais un personnage qui se dessine comme un bloc de colère, il était évident que sa trajectoire passait par une forme d’assouplissement. Son armure se brise petit à petit, elle dévoile les battements de son coeur, ses émotions, ses sentiments. C’est très important que cela ait lieu à plusieurs endroits du film. Le premier notamment avec Kaïs, on commence un peu à se défaire de ces vieux réflexes d’attributs masculins. D’être toujours dans sa carapace, guerrière absolue.

Le seul personnage dont elle accepte le regard, c’est Ophélie parce que c’est une femme. Parce quand Julia vient, après son tabassage, Ophélie se voit en elle. Il y a une forme d’entraide qui scelle une amitié, basée sur les stigmates du corps féminin, qui est hyper forte. C’était là depuis le début. la séquence du soin était là depuis le début aussi. C’est juste qu’au début, Ophélie n’était pas la femme de Domino. C’était une femme, un personnage extérieur. C’est le jour que j’ai relié le personnage de Domino à elle que j’ai compris que cela allait mettre davantage de densité dans le récit.

Boulomsouk Svadphaiphane : Rien n’est manichéen dans ton film, c’est très juste. Kaïs n’est pas si macho que ça, il a cette tendresse très touchante. Ophélie est horrible avec son enfant mais on sait qu’il y a une grosse souffrance derrière. C’est juste car la maternité ce n’est pas la joie tout le temps, puis elle est prisonnière de son mari. J’apprécie aussi que tu n’expliques pas tout. On comprend qu’il y a une colère chez Julia mais tu ne la justifies pas. J’aime beaucoup également le coté onirique du film. Je sais qu’il y a 4 ans d’écriture mais comment as-tu su mélanger tout cela?

Le cross-bitume, image extraite de Rodéo de Lola Quivoron

Lola Quivoron : Quand on structure, on est dans la rationalité du film: la structure, la narration. Cela prend beaucoup de temps car c’est technique. C’est comment on fait partir Julia d’un point A et la faire arriver à un point B, par quoi elle passe? Il y a des séquences fortes qui sont totémiques ou des piliers. Cela permet de structurer rationnellement. Ensuite à l’intérieur de ses grands mouvements là, il y a des séquences plus petites où on travaille les personnages. En fait, c’est les personnages qui dictent tout. À partir du moment où on connait leur âme.

« En fait, c’est les personnages qui dictent tout. »

Lola Quivoron

Lola Quivoron : Pour parler de la traversée des genres dans le film, il y a le film d’immersion, le film d’émancipation féminine, le film de gangsters, de braquage, le film fantastique, je ne me suis pas dit, je vais faire un film avec tout ça en même temps. J’ai juste construit ce personnage là et c’est parce que Julia a une grande spiritualité, qu’elle est en contact avec l’autre monde, que je me permets d’aller vers le fantastique. C’est comme ça qu’elle voit les choses. Le braquage ça vient de son désir, son moteur. Son moteur c’est la moto, sa bécane. Elle a une sorte d’addiction qui la pousse à voler, s’en procurer comme un toxico. Le film d’émancipation car c’est une femme dans un monde d’hommes ça crée cette narration là.

Ce n’est pas manichéen car c’était important que le film ait en lui une réflexion sur la représentation des minorités. Ce n’est pas du tout un hasard que le grand méchant du film, l’ennemi, est un blanc aux yeux bleus, plutôt pété de tunes. Je me suis servie de ce qu’est l’acteur dans le vie, un grand bourgeois qui a de l’argent. Il a mis du temps à s’intégrer dans le tournage. Aujourd’hui c’est différent, tout le monde s’est lié autour du film. C’est un gars vraiment adorable que j’ai appris à rencontrer sur le tournage.

Même si chaque membre des B-More, dans ce groupe de garçons sont tous assez violents, je voulais travailler la violence du point de vue de la subjectivité. Qu’est ce qui pousse un sujet à être violent. Quand on comprend d’où ça vient on comprend que ce n’est pas manichéen. La notion de morale, du jugement n’existe pas, même quand les personnages ont des comportements problématiques. Il y a très peu de psychologie dans le film car on n’explique jamais le comportement des personnages. Ça soulage aussi beaucoup le spectateur car il n’a pas ces explications théoriques, ça lui permet d’avoir le champ libre. De lui même décider ce qui ne va pas. Ça active le conscient et l’inconscient du spectateur.

L’attente du spectateur

Lola Quivoron : J’aime bien aussi dans la narration travailler l’attente du spectateur, car l’attente du spectateur de manière sociologique c’est une cristallisation de stéréotypes. L’attente est une grande surface de projection de normes, de système identification utilisé plein de fois. L’idée est de déjouer ces systèmes d’identification, de créer d’autres représentations, de créer d’autres relations. C’est très créatif de fonctionner comme ça même si c’est un gros casse-tête. Les clichés sont là pour rassurer les gens, pour les conforter dans un espace idéologique, de sécurité, d’imaginer des ennemis invisibles, pour essayer de mieux supporter la société. Dans mon film, j’essaie de faire en sorte que l’ennemi soit un peu partout. Mais l’ennemi le plus important c’est surtout la colère de Julia qui la consume.

Boulomsouk Svadphaiphane : Julie tu disais que Julia c’était ton toi d’avant, qu’est ce que tu voulais dire par là?

Julie Ledru : Quand j’ai rencontré Lola sur le banc à Persan Beaumont et qu’elle m’a parlé de son écriture qui était en cours, j’étais jeune, débrouillarde et j’avais énormément de colère qui venait de la souffrance, de la douleur. J’étais quelqu’un d’extrêmement colérique. Je bougeais tout le temps partout. Je ne rentrais pas forcément chez moi. J’avais une grande liberté. Je disais souvent que j’étais un électron libre.

Boulomsouk Svadphaiphane : Le film t’a servi de thérapie?

Julie Ledru : Complément! Même par rapport à la moto. Moi qui pratiquais vraiment du samedi au dimanche voir du vendredi à dimanche la moto, en sortie de tournage, je n’ai plus pratiqué, voir plus du tout. L’envie y est mais il y a pas cette envie pressante et oppressante de là tout de suite maintenant. Il y a eu, oui une sorte de thérapie psychologique car je suis sortie de ce film complètement changée. Mes amies me l’ont dit. Je suis devenue quelqu’un d’ouverte.

C’est bête mais en soirée, j’avais pour habitude d’être dans mon coin et de bouger la tête, c’était tout. Je suis rentrée de tournage, j’étais libérée d’un poids de l’ancienne Julie. Je me mettais à danser, à crier, à parler à tout le monde, beaucoup plus expressive. En tout cas ça m’a servi. Je me suis délectée de quelque chose sur place.

Lola Quivoron

Lola Quivoron : Ce qui est beau dans le cinéma, c’est un art du lien, du collectif. Je crois que je fais du cinéma pour créer du lien et faire des familles, pour rencontrer des gens, avoir des relations fortes d’amitié. Quand je rencontre Julie ce qui me bouleverse c’est sa solitude et comment elle en parle. À l’intérieur de cette solitude, il y a la colère mais aussi un désir énorme d’être aimée et de ne pas être « bloquée » dans ça. Ça me parle énormément car Julie et moi, on est très pudique pour dire ce qu’on ressent.

J’ai beaucoup appris sur le tournage. (À Julie) Avec ton expérience du tournage tu t’es remplie d’amour. Tout le monde adore Julie. C’est une expérience qui est gravée dans le marbre et ça sert d’outil, dans la vie ça donne beaucoup de force, parce c’est collectif, c’est familial, on est tous là pour faire la même chose. Mais ce n’est pas comme la famille, c’est une famille inventée pour un autre but. C’est joyeux !

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