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Le Qataris Boycott Club vous tend les bras

Le Qataris Boycott Club vous tend les bras

En cette Rentrée terne, on se demande si ça vaut encore le coup de chroniquer l’abîme dans lequel nous plonge nos (très) chers dirigeants. « Las du retour au même schéma » rappait NTM en 1995. Vingt-sept ans plus tard, la lassitude n’a fait que s’approfondir. Pourtant, on est encore là. Et jamais nous n’accepterons l’abattement et l’apathie menant au cynisme d’un spectacle tel que le Qatar 2022. Alors bienvenu(e)s au Club des réfractaires et des boycotteurs qui, un jour, danserons sur les ruines de leur monde en perdition.

Lassitude de la Rentrée

Commencer une nouvelle chronique en ces temps obscurs c’est immanquablement se demander « à quoi bon ? ». Qui ne sait déjà pas à quoi s’en tenir ? Ne sait-on pas que Macron poursuivra son délire monarchique ? Que la planète finira plus mal l’année qu’elle ne l’a commencée ? Qu’à défaut de prendre de vraies mesures pour la sauver (la planète) afin de ne pas crever tous de chaleur et catastrophes attenantes, les dirigeants se feront des guerres ? Ne sait-on pas, depuis des siècles, qu’un dirigeant impuissant préfère toujours la guerre qu’avouer son impuissance ?

Ne sait-on pas déjà que quelques milliardaires pourrissent la vie sur Terre pour poursuivre leur folle surenchère  ? Que rien ne les arrêtera dans leur jeu entre milliardaires afin de décider qui est le super-winner ? Dix milliards, cent milliards, deux cents milliards, et aucun sens. Ne sait-on pas depuis belle lurette que le monde est dirigé par des insensés dont seule la bêtise dépasse l’égo ?

On est encore là !

Alors, à quoi bon chroniquer cette fin du monde annoncée ? Aucune raison. Juste le fait qu’on est encore là. On est encore là et on refuse, encore et toujours, d’être écraser par ces quelques psychopathes. On existe quoiqu’en pense ces vieux grabataires dans leurs palais de Wall Street ou de l’Élysée (mesure t-on la folie des grandeurs à vouloir habiter un « Élysée », lieu réservé aux dieux ?). On est encore là, et nous sommes des humains. Jamais nous n’accepterons leur prétention à être des dieux. Ce sont des humains, comme nous. Les renvoyer sur terre passera forcément par les ramener dans notre égalité.

Mais est-ce que les « élites », les riches, les super-riches, les milliardaires et leurs larbins (politiciens de tout acabit) sont notre seul problème ? C’est sûr qu’ils ne font pas partie de la solution. Rien à attendre d’eux. Mais, pour autant, ce sont moins eux le problème que les gens qui les suivent, les acceptent, les vénèrent. Et, pour la plupart, ils les suivent d’un cœur joyeux. Quand le milliardaire montre du doigt un match de football, l’imbécile regarde le match. Pas le doigt, cause de ses tourments et son exploitation.

Des millions de complices du pire

Les centaines de milliers de réservations pour se rendre au Qatar 2022 sont des centaines de milliers de complices. Quiconque allumera une télé pour voir la retransmission d’un match au Qatar sera tout aussi complice. Ces gens-là accepteront de faire la fête en regardant vingt-deux salauds (dans le sens exact que donnait Sartre à cette insulte) jouer à la balle sur un monceau de cadavres.

En juin 1977, un petit collectif voyait le jour afin de dénoncer le Mondial de l’année suivante. En effet, le Mundial 78 avait lieu en Argentine, alors dirigée par une féroce dictature qui fit « disparaître » des dizaines de milliers de personnes. Le Collectif pour le Boycott ne parvint certes pas à faire annuler cette immonde rencontre sportive. Mais, à plus de 40 ans de distance, on sait que les personnes qui l’ont animé ont sauvé la dignité, ce mot inconnu de la FIFA hier comme aujourd’hui.

Par Jean-François Batellier — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=106700563

Le Qatar de 2022 n’est pas l’Argentine de 1978? Demandez donc leur avis aux travailleurs émigrés qui ont construit les stades. Ou aux personnes dont l’orientation sexuelle déplaît à la famille régnante.

Être complice, vous engage

Que plus un seul supporter ne parle jamais de corruption, d’écologie, de droits humains. En fait, de plus rien du tout. Quiconque sera complice du Qatar n’a plus son mot à dire. Par où que vous la preniez, cette affaire est indéfendable. Et elle est, en même temps, le concentré de tous les maux de notre temps.

Esclavages, haine des minorités sexuelles, inégalité des sexes, argent (plein d’argent), spectacle, corruption, destruction de la planète (des stades climatisés!)… Rien ne va dans ce Mondial à l’image de notre monde en perdition. Tout ce que nous détestons s’y retrouve réunis dans une même fête de la mort. Les milliers d’avions qui vont et viennent afin de sauver cette nécessité absolue d’un spectacle de foot qui n’a rien à voir avec un sport aimé par des milliards de supporters et tout à voir avec des milliards de corruption. Le boycott ou la complicité, il n’y a pas d’autre alternative. Alors bienvenu(e)s au Qataris Boycott Club, il vous tend les bras !

Le Qataris Boycott Club vous tend les bras

Supporters, et simples amateurs de foot, vous avez une responsabilité et un moyen d’agir : le boycott. Il en va aussi de votre propre intérêt et de votre passion : si vous acceptez que votre spectacle préféré se convertisse en spectacle de corruption et destruction, alors vous n’aurez plus jamais l’occasion de voir un vrai match entre joueurs transmettant le plaisir de jouer. Si les supporters aiment encore leur sport, alors ils n’ont d’autre choix que de boycotter de la manière la plus ferme ce Mondial. Le boycott du Qatar 2022 est un acte d’amour au foot. En plus de tout le reste. Allez, bienvenus au Qatar Boycott Club, c’est plus stylé que cette Coupe moisie de la FIFA.

(Spéciale dédicace à Pauline).

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